Le défenseur des Bleus Lilian Thuram (photo) a avoué au lendemain de la défaite en finale du Mondial 2006 contre l'Italie (1-1 a.p., 3 t.a.b. à 5) qu'il n'arrivait "toujours pas à y croire". Thuram, qui n'a pas voulu évoquer son avenir personnel, s'est par ailleurs dit "confiant pour l'avenir, car la plupart des joueurs sauront traduire la solidarité" que l'équipe de France a montrée en Allemagne.
Quel est votre sentiment après cette finale perdue ? "L'Equipe de France a fait un très beau parcours, mais cela s'est joué sur un rien. On a fait un bon match, on a bien contrôlé, mais on n'a pas su profiter de notre supériorité technique. On a vu à la fin que les Italiens n'espéraient qu'une chose : arriver aux tirs au but. On n'a pas atteint la dernière marche mais on peut être fier de notre parcours et des valeurs positives que nous avons véhiculées. L'équipe a donné une belle image du football français : cela s'est joué à un penalty, c'est incroyable".
Quel bilan personnel tirez-vous de cette Coupe du Monde ? "Mon histoire avec l'Equipe de France s'était dans un premier temps mal terminée, mais je me suis réconcilié avec elle : c'était un groupe solidaire qui voulait construire des choses ensemble. C'est ce qui est le plus important, j'espère de tout coeur qu'elle va continuer sur ce chemin de la solidarité, car c'est le seul qui apporte de grandes satisfactions. Je suis confiant pour l'avenir, car la plupart des joueurs sauront traduire cette solidarité".
Etait-ce votre dernière sélection en Equipe de France ? "Je ne sais pas : on verra. Franchement, là, ce n'est pas le moment. Cela reste beaucoup de souffrances, trop de souffrances d'ailleurs".
L'Italie méritait-elle ce titre plus que la France ? "Dans les vestiaires, je me faisais une réflexion : on dit souvent que c'est la meilleure équipe qui gagne, mais les Italiens n'ont pas été meilleurs que nous et ce sont eux les Champions du Monde. Sur la compétition, la France a affronté des adversaires de haut niveau, a toujours su s'adapter et tout ce qu'on va retenir, c'est que l'Italie est Championne du Monde. Dans vingt ans, on aura oublié qu'ils ont gagné sur un penalty. J'ai l'impression de voir un film qui défile sans cesse devant moi : malheureusement, c'est toujours la même fin et je n'arrive pas à y croire". |